Notre scénario pour 2019 : stimuli monétaires et pouvoir d'achat soutiennent la croissance

1. La croissance mondiale a démenti les craintes de récession qui avaient agité les marchés fin 2018, mais elle a significativement ralenti en 2019. L’année 2020 devrait s’inscrire dans cette continuité, deux forces opposées s’équilibrant : la guerre commerciale en cours pèse sur l’investissement des principaux exportateurs et l’industrie internationale, surtout en Allemagne ; mais les politiques budgétaires deviennent plus accommodantes (États-Unis, Chine, zone euro), tout comme les politiques monétaires. Cette combinaison monétaire et budgétaire soutiendra la demande publique et privée et permet d’envisager une stabilisation mondiale en 2020.

2. L’inflation en ralentissement sensible en 2019, du fait des prix pétroliers (attendus en baisse de -10% cette année), devrait se redresser légèrement en 2020. Le baril de brent devrait se stabiliser aux alentours de 65$ l’an prochain et l'inflation totale reflèterait plus directement l'inflation hors énergie. Celle-ci devrait se redresser timidement en zone euro au-dessus de 1%, et s’installer au-dessus de 2% aux États-Unis sous l’effet des salaires et des droits de douane, sans toutefois accélérer significativement.

3. Les taux à court terme, aux États-Unis, sont orientés à la baisse. La Fed les a ramenés à 1,75% fin octobre, évoquant les risques internationaux (Brexit, guerre commerciale). Elle pourrait baisser ses taux vers 1,5% au 1e trimestre 2020. En zone euro, la BCE, prenant acte de sa difficulté à revenir vers sa cible d’inflation de 2%, a baissé ses taux à -0,50% en septembre et pourrait procéder à une nouvelle baisse si la situation économique se détériore encore. Les taux monétaires s'installent durablement en dessous de 0.

4. Les taux à long terme américains sont dominés par les anticipations de baisse des taux courts et des craintes de récession. Mais cette dernière paraît peu probable en 2020, et les taux longs devraient remonter progressivement vers 2%. Les taux longs européens largement installés en dessous de zéro, compte tenu de l’assouplissement monétaire de la BCE, devraient se redresser un peu en 2020 suivant les (lents) progrès de l'inflation sous-jacente. Ils resteront néanmoins historiquement très bas.

5. Les actions ont connu un net rebond en 2019, qui compense la chute de l'année dernière. Elles ont encore une petite marge de progression en Europe, au vu des ratios de résultats et de bilans. La progression des bénéfices des entreprises a ralenti : + 9% en 2018 et seulement +2% en 2019. En 2020 les résultats pourraient progresser d’environ 5%. L'immobilier européen continental devrait rester solide : la baisse des taux longs conforte les niveaux de valorisation du marché.

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