Notre scénario pour 2019 : stimuli monétaires et pouvoir d'achat soutiennent la croissance

1. La croissance mondiale reste proche de 3% en 2019, démentant les craintes de récession qui avaient agité les marchés fin 2018. La guerre commerciale en cours pèse sur l’investissement des principaux exportateurs et l’industrie internationale, surtout en Allemagne. Néanmoins, le ralentissement de l’inflation et la bonne tenue de l’emploi et des salaires, tout particulièrement aux Etats-Unis, soutiennent le pouvoir d’achat. Celui-ci est en partie épargné, mais stimule la consommation et peut la stimuler encore plusieurs trimestres. Les politiques budgétaires vont devenir plus accommodantes (États-Unis, Chine, Allemagne) et la nouvelle phase de baisse des taux d’intérêts ajoute un soutien monétaire qui permet d’envisager une croissance mondiale proche de 3% en 2020.

2. L’inflation se réduit en 2019, du fait des prix pétroliers : +29% en 2018, -10% en 2019. A l’horizon 2020, le baril de brent devrait se stabiliser aux alentours de 65$. De ce fait, l'inflation devrait progresser un peu en moyenne annuelle, dans les pays développés, pour être égale à l'inflation hors énergie. Celle-ci peine à se redresser (1% aujourd'hui en zone euro, 2,2% aux Etats-Unis). Les progrès de l’emploi stimulent peu les salaires, même aux Etats-Unis.

3. Aux Etats-Unis, la Fed, après avoir monté ses taux jusqu'à 2,5% fin 2018, a rapidement inversé sa politique, à titre préventif face aux risques internationaux (Brexit, guerre commerciale). Elle pourrait baisser ses taux vers 1,5%. En zone euro, le retour à une inflation normale de 2% s'avère difficile et la BCE annonce des baisses de taux supplémentaires. Les taux monétaires semblent s'installer durablement en dessous de 0.

4. Les taux à long terme américains ont été dominés par les anticipations de baisse des taux courts et des craintes de récession. Mais cette dernière paraît peu probable en 2020, et les taux longs devraient remonter progressivement vers 2%. Les taux longs européens largement installés en dessous de zéro, en anticipations d’une nouvelle phase d’assouplissement monétaire de la BCE, devraient se redresser un peu en 2020 suivant les (lents) progrès de l'inflation sous-jacente. Ils resteront néanmoins historiquement très bas.

5. Les actions ont connu un net rebond début 2019, qui compense la chute de l'année dernière. Elles apparaissent encore peu chères en Europe, au vu des ratios de résultats et de bilans. La progression des bénéfices des entreprises a ralenti : +20 en 2017 en zone euro, + 9% en 2018 et seulement +2% en 2019. Elle reste néanmoins suffisante pour justifier une remontée des valorisations des entreprises. L'immobilier européen continental devrait aussi rester solide : la hausse des taux longs, modeste, serait compensée par celle des loyers.

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