Notre scénario pour 2018 : désynchronisation (temporaire?) de l'Europe et du reste du monde

1. La croissance connaît un fléchissement au 1e semestre 2018. La zone euro surtout ralentit, faute de consommation. Mais les Etats-Unis accélèrent, soutenus par une relance budgétaire et un haut niveau de confiance des entreprises. La Chine, réorientée vers la demande interne, reste solide, tandis que la Russie et le Brésil confirment leur sortie de récession. En moyenne annuelle, la croissance mondiale devrait se maintenir au-dessus de 3% en 2018. En 2019, on devrait à assister à un rebond de la demande interne européenne. Mais la guerre commerciale en cours pourrait peser sur l’investissement des principaux exportateurs mondiaux.

2. L’inflation a accéléré au 1e semestre dans les pays développés, réduisant le pouvoir d’achat, alors que les salaires restent très contenus. Ce mouvement vient des prix pétroliers, dopés par les perspectives d'un retour à l'embargo sur l'Iran. Ils devraient refluer en 2019 vers 70$ le baril de brent : la production américaine augmente rapidement, l'OPEP souhaite produire plus et la hausse des prix devrait freiner la demande. L’inflation hors pétrole, ne se redresse que lentement (1% en zone euro, 2% aux Etats-Unis), les progrès de l’emploi stimulant peu les salaires, même aux Etats-Unis. Les pays émergents connaissent une vigoureuse désinflation depuis 2 ans.

3. Aux Etats-Unis, les taux de la Fed ont atteint 2% fin juin, et devraient aller vers 3% en 2019 selon la Fed. Mais la fin de ce cycle de hausse approche. En zone euro en revanche, la hausse n’a pas commencé. La BCE a suggéré qu’elle se produira seulement au 4e trimestre 2019 et dans une proportion modeste. Les taux monétaires resteraient donc négatifs jusqu’au 1e semestre 2020. La BCE modulera le calendrier et l'ampleur de sa hausse des taux si le retour à une inflation normale de 2% s'avère difficile.

4. Les taux à long terme américains devraient tendre vers 3% en 2018 à la faveur de la hausse des taux courts et de l'inflation sous-jacente. Les taux longs européens resteront très bas, mais devraient également remonter un peu, dans le cadre d’une convergence entre taux allemands (à la hausse) et italiens (à la baisse), si la situation politique italienne se détend à l’automne lors de la discussion budgétaire.

5. Les actions apparaissent nettement moins chères en Europe qu'aux Etats-Unis, au vu des ratios de résultats et de bilan. Les bénéfices des entreprises devraient poursuivre leur progression en 2018 (+10% en zone euro après +20% en 2017, selon les analystes financiers), soutenant les cours. L'immobilier européen continental devrait aussi bien résister : la hausse des taux longs, modeste, est compensée par celle des loyers.

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