Notre scénario pour 2018 : une croissance supérieure au potentiel, mais sans accélération de l'inflation

1. L’inflation mondiale est principalement soutenue par les prix pétroliers. Ceux-ci sont dopés temporairement par les perspectives d'un retour à l'embargo sur l'Iran, mais devraient se stabiliser en 2019 vers 70$ le baril de brent. La production américaine augmente rapidement et compense la baisse de l'OPEP, tandis que la hausse des prix devrait freiner la demande. Mais l’inflation hors pétrole, après une faiblesse inattendue en 2017, ne se redresse que lentement, les progrès de l’emploi stimulant peu les salaires, même aux Etats-Unis. L’inflation totale américaine et européenne en 2018 et 2019 serait approximativement au rythme de 2017. Les pays émergents ont de leur côté connu une vigoureuse désinflation en 2017, qui se confirme en 2018.

2. La croissance a surpris partout par sa vigueur en 2017, pour atteindre 3,3% au plan mondial. Elle connaît un fléchissement début 2018, mais devrait se reprendre, pour se maintenir, en moyenne annuelle en 2018 et sans doute encore en 2019 au rythme de l’an dernier, sous l'effet notamment d'une relance budgétaire importante aux Etats-Unis. La zone euro devrait être soutenue cette année par une reprise de la consommation. La Chine ralentit à peine (6,5% en 2018), tandis que la Russie et le Brésil confirment leur sortie de récession.

3. Les taux d’intérêt à court terme devraient remonter vers 3% d'ici 2020 aux Etats-Unis : la Fed annonce une remontée de +75pb pour 2018 et à nouveau pour 2019. En zone euro en revanche, la BCE s’est engagée à ne les bouger que "longtemps après" la fin de ses achats obligataires (prévue en décembre 2018). Les taux monétaires pourraient rester négatifs jusqu’à la fin 2019. La BCE modulera le calendrier et l'ampleur de sa hausse des taux si le retour à une inflation normale de 2% s'avère difficile.

4. Les taux à long terme américains devraient tendre vers 3% en 2018 à la faveur de la hausse des taux courts et de l'inflation sous-jacente. Les taux longs européens resteront très bas, mais devraient également remonter un peu, dans le cadre d’une convergence entre taux allemands (à la hausse) et italiens (à la baisse), si la situation politique italienne se clarifie.

5. Les actions apparaissent nettement moins chères en Europe qu'aux Etats-Unis, au vu des ratios de résultats et de bilan. Les bénéfices des entreprises devraient poursuivre leur progression en 2018 (+10% en zone euro après +20% en 2017, selon les analystes financiers), soutenant les cours. L'immobilier européen continental devrait aussi bien résister : la hausse des taux longs, modeste, est compensée par celle des loyers.​

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